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Sûreté nucléaire : prévention et gestion des risques

L'industrie nucléaire est un sujet vaste et sensible, car elle implique de nombreux risques en lien avec les composés radioactifs utilisés. La maitrise de ces risques représente un enjeu majeur et reste l’objectif principal de la sûreté nucléaire. Par des actions techniques et organisationnelles, la sûreté nucléaire et les exigences qualité entrent en considération dans toutes les étapes de vie des substances radioactives dans les centrales nucléaires. Une évaluation neutre sur les mesures d’organisation est essentielle pour garantir la fiabilité et la sécurité des personnes et leur environnement, de la conception à l’arrêt de l’exploitation.

 

Le risque nucléaire en France

Au rang mondial, la France possède le plus grand parc de réacteurs nucléaires par rapport à la population du pays : sur 19 sites, on compte 58 réacteurs de différents niveaux de puissance, tous à eau pressurisée.

C’est également le 2e producteur d’électricité au monde, juste après les États-Unis. Grâce à l’énergie nucléaire, c’est 72% de la production en électricité qui est produite (chiffre du Commissariat général au développement durable, dépendant du Ministère de la Transition écologique).

Le combustible utilisé dans les centrales françaises est l’uranium 235, isotope de l’uranium et existant à l’état naturel. Il est considéré comme fissile naturellement : un bombardement de neutrons thermiques engendre une fission nucléaire de l’uranium. Sur le principe d’une réaction en chaine, de nombreux neutrons entrainent la fission d’autres noyaux d’uranium, produisant de la chaleur puis l’électricité, objectif final de la centrale nucléaire.

Une centrale nucléaire doit être en mesure de gérer toute la matière enfermée (des dizaines de tonnes). Certains rayonnements de ces matières représentent une source potentielle de danger grave pour un être humain et son environnement naturel.

L’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) définit le fondement d’un accident nucléaire sur un réacteur à eau sous pression. Suite à une défaillance technique, le rejet liquide de substances radioactives dans l’environnement par dispersion atmosphérique entraine une atteinte de ce même environnement et des personnes à proximité (travailleurs, population). Quelques tristes exemples sont identifiables, tels que Three Mile (USA, 1979), Tchernobyl (Ukraine, 1986) ou plus récemment Fukushima (Japon, 2011).

Il existe un ensemble de risques imputés à la production nucléaire en France, ils sont nombreux et divers.

En fonctionnement normal, l’impact environnemental n’est pas négligeable, car les liquides de refroidissement de la centrale proviennent des fleuves et rivières alentour, cela induit un réchauffement de ces mêmes cours d’eau.

La gestion des déchets radioactifs est toujours une problématique permanente et épineuse : quels sites pour accueillir les stockages des déchets et protéger les populations locales ?

L’aspect budgétaire n’est pas négligé, avec des couts de transports des matières et de démantèlement qui viennent s’ajouter aux contraintes techniques.

Des nouveaux risques apparaissent ces dernières années, avec les risques d’intrusion ou de cyberattaques sur les systèmes informatiques.

 

Réglementation et contrôle de la sûreté nucléaire

Ce sont les expériences passées qui ont permis de poser un cadre législatif et de renforcer les dispositions dans les différents pays concernés par la sûreté nucléaire.

Ainsi, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) regroupe plusieurs pays membres. Après l’accident de Tchernobyl en 1986, ce sont 84 pays qui adoptent la Convention sur la sûreté nucléaire en 1994. Elle pose les bases des engagements en matière de sûreté, radioprotection, exploitation et contrôle au niveau nucléaire. Un nouvel accord n’a pu être trouvé pour renforcer les mesures après le drame de Fukushima en 2011.

 

Le cadre réglementaire

En France, le cadre réglementaire et légal a connu une avancée grâce à la loi du 13 juin 2006. Appelée loi TSN (loi relative à la transparence et à la sécurité nucléaire), elle offre des perspectives intéressantes quant aux bases législatives de la sûreté nucléaire et le principe de précaution lié. Elle garantit une meilleure information aux populations sur les activités nucléaires, avec l’ouverture d’avis et de concertations en lien avec le public concerné.

Dans le domaine juridique, elle éclaircit les actes légaux relatifs à l’ensemble des activités nucléaires, depuis la création jusqu’à l’arrêt et démantèlement des sites de production. Elle encadre également toutes les parties contrôles et sanctions éventuelles. Différents organismes opèrent sur la chaine d’activité nucléaire sur le territoire. Ainsi, la loi de 2006 instaure le Haut Comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire. Il promeut la clarté des données transmises relatives aux données nucléaires. La loi TSN offre donc un cadre global et complet afin d’optimiser la sûreté nucléaire sur tout le territoire français.

 

Les organismes de régulation

L’ASN (Autorité de santé nucléaire) a également vu le jour par la loi de 2006. Autorité indépendante, elle intervient dans l’information, la réglementation et le contrôle de toutes les situations liées à la sûreté nucléaire, comme le transport des substances radioactives, la radioprotection ou le suivi de certaines centrales. Elle peut être amenée à prendre des mesures d’obligations et de sanctions. C’est encore elle qui contrôle toutes les activités à rayonnements des centres hospitaliers. Hormis les autorisations de création et démantèlement gérées par l’État, elle accorde un grand nombre d’autorisations relatives au secteur nucléaire.

L'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) a été créé en 2002. Organisme public et véritable binôme de l’ASN, il fournit ses compétences techniques dans les expertises et la recherche nucléaire liée aux risques. En tant qu’acteur qualité, il analyse toutes les expériences et se veut force de proposition sur les améliorations à prévoir pour augmenter la sécurité face à une exposition ou pour protéger les populations. Enfin, le ministère des Armées et le ministère chargé de l’Industrie veille aux activités propres à la défense des installations dites « secrètes », par l’intermédiaire du délégué à la sûreté nucléaire et à la radioprotection.

 

Prévention et gestion des risques

La sûreté nucléaire répond à un objectif complet et complexe : empêcher toute trace de radioactivité en milieu extérieur pour ainsi protéger l’homme et son environnement. Le concept de défense en profondeur apparait au début des années 70. Il intervient pour les installations nucléaires en intégrant cinq niveaux basés sur les caractéristiques d’une installation, ses moyens organisationnels, humains et matériels. Ces niveaux de défense existent également pour les procédures qualité en place, ainsi que la prévention et la gestion des conséquences face à un accident nucléaire. L’objectif de ce concept vise à prévenir une évolution vers des situations plus graves. Le niveau 1 correspond par exemple aux états de l’installation, son fonctionnement normal. Le niveau 5 se rapporte aux accidents de fusion du cœur entrainant des rejets environnementaux.

 

Des contrôles stricts et réguliers

L’ASN est la seule organisation qui peut décider du démarrage et du maintien d’une centrale nucléaire. C’est au regard des éléments complets et relatifs à la sécurité qu’elle rend ses décisions. En effet, l’exploitant d’une centrale doit justifier tous les 10 ans d’un examen complet intégrant toute une composante sûreté du site et gestions des risques. C’est ainsi que les sites les plus anciens en arrivent à leur 4e évaluation. C’est un véritable challenge pour ces installations de se rapprocher des standards mis en place sur les sites les plus récents.

Afin d’allonger la durée de vie des centrales concernées, le chantier « grand carénage » offre l’opportunité aux centrales de poursuivre l’exploitation du site grâce à une maintenance exceptionnelle. Une centrale pourrait ainsi fonctionner au-delà des 40 ans initiaux.

Tout est passé au crible lors des inspections, programmées ou pas : installations, suivi médical des travailleurs sur place et prévention d’irradiation accidentelle. L’AIEA vient comparer les pratiques du site par rapport aux standards internationaux. L’ISRN intervient en continu dans les mesures de radioactivité sur l’ensemble du territoire. Tout est prévu pour que le risque nucléaire soit connu et maitrisé tout au long de la chaine d’exploitation.

 

La gestion de crise

La gestion de crise nucléaire correspond à tout événement suffisamment grave pour enclencher le niveau 3 du concept de défense en profondeur. Plusieurs plans sont prévus pour permettre une réponse rapide et complète en vue de protéger les populations. Ainsi, on recense deux plans distincts et complémentaires : en interne d’abord, où l’exploitant de la centrale cherche à réduire l’impact direct et à mettre en sécurité les travailleurs sur site. Puis via les autorités (préfet et ASN), si une fuite environnementale est relevée ; les mesures sont élargies à la population locale pour limiter les contaminations, avec évacuation au besoin.

Quel que soit le niveau, tout incident est porté à la connaissance des autorités ainsi que du public. À chaque accident relevé, une analyse poussée des pratiques permet de se questionner et de les améliorer pour le futur. En parallèle, les accidents les plus récents ont permis de préciser les actions de contrôle et de réajustement. Les conditions inhabituelles sont ainsi prises en compte dans des évaluations spécifiques.

L’IRSN a également défini le « noyau dur » en tant que mesures complètes. Elles permettent de prévenir les accidents face aux risques et d’assurer le contrôle du site en cas de réaction nucléaire. Cet ensemble de dispositions permet d’assurer un bon déroulement de toutes les étapes de la gestion de crise en situation difficile, depuis le refroidissement jusqu’au confinement des populations.

L’accident de Fukushima au Japon en 2011 a accéléré les mesures prises en France, avec la création de la Force d’action rapide du nucléaire. Avec une équipe humaine dédiée et des moyens matériels conséquents, cette force peut intervenir sur un site nucléaire en crise en moins d’une journée. Afin de préserver la qualité de vie des populations, elle intervient dans la réalimentation en électricité et en eau dans ce délai.

 

La sûreté nucléaire, un dispositif faillible ?

Malgré toutes les précautions prises, les contrôles réguliers et les plans d’action qui s’intègrent dans la prévention et gestion des risques, la qualité du système peut-elle être perfectible ? C’est ce que relève une enquête de l’Assemblée Nationale sur la sûreté nucléaire en 2018. Plusieurs éléments, moins fiables, seraient des facteurs de risques sur lesquels une réflexion ainsi qu’un travail de sécurité doivent être menés. On retrouve notamment le problème de la sous-traitance, qui représente plus des trois quarts des tâches dans l’industrie nucléaire. La dilution des connaissances et la dépendance à ses entreprises extérieures viennent s’ajouter à une possible pression quant aux délais et couts des procédés. Certains sites ont à ce jour 40 ans, voire plus, ce qui est considéré comme vétuste dans le monde nucléaire ; c’est une source d’entretien majoré. Quid de la balance bénéfice de l’installation versus risques encourus ? La gestion des risques se heurte parfois à une moindre rigueur, avec des structures non conformes ou des exclusions au niveau des étapes de défaillance. Enfin, au sujet des énergies vertes, la consommation en eau et le réchauffement des fleuves lors de l’exploitation nucléaire restent à considérer.

 

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Source : vie-publique.fr

 

Crédit photo : ©freepik.com

 

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